Prison Dorée - La liberté est-elle absence de contrainte ?

Ce qu'il y a de plus surprenant avec la liberté, c'est que nous passons des années à prétendre lui courir après alors que c'est elle qui nous poursuit. De sorte qu'en réalité, nous la fuyons plus que nous la poursuivons.

Je veux dire dans ce sens, qu'il n'y a pas moins de liberté pour un homme à qui l’on demande de choisir qui doit être éliminé entre sa propre fille et sa propre femme — un fusil sur la tempe, menacé de mort s’il ne choisit pas — que pour un autre homme ne parvenant pas à décider quel menu prendre au restaurant. 

Cela résulte de ce que nous avons tendance à mesurer la liberté par degrés , en nous appuyant sur la situation dans laquelle un choix se manifeste. Ainsi, dira-t-on que l’homme susmentionné n’est pas réellement libre car sous le joug d’une arme à feu. Or, c’est cette « situation » qui, justement le mettra face à sa responsabilité. En d’autres termes, la difficulté à faire un choix ne nous  rend pas moins libres, mais met en exergue, au contraire, notre entière solitude face au choix des options qui se présentent à un moment donné. 

Il n’y a de liberté que pour un être en situation, car c’est d’elle qu’émane le choix et du choix, la liberté elle-même. Raison pour laquelle Sartre expliquait paradoxalement que : « jamais nous avons été aussi libres que sous l’occupation allemande ».

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