Textes classés sous La Mort

Zone de Transit

Une réflexion m'est venue l'autre soir, chez moi après une longue journée au travail, sans réellement avoir travaillé puisque trop occupé à penser au moment où je pourrais enfin quitter le bureau et rentrer chez moi pour finalement, ne rien faire de particulier. Je me suis en effet rendu compte qu'il y a des moments durant lesquels on ne vit pas, au sens où l'on ne prend pas assez conscience du temps qui est en train de s'écouler. Alors que je m'ennuyais à n'en plus tenir au bureau, après mûre réflexion, je me suis rendu compte que j'étais en réalité en train de vivre pleinement. Pourquoi ? Parce que, quoique je pouvais faire, plongé dans un ennui total, regardant sans cesse ma montre et comptant chaque minute qui passait, je ne pouvais pas échapper à la réalité du moment que j'étais en train vivre. Et oui, on pense en général que vivre consiste à faire quelque chose de passionnant pour soi, qui fait que le temps passe sans même qu'on en ait con...

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Faut- il craindre la mort ? Le problème d'Épicure

Faut-il vraiment que je craigne la mort ? Puisque tant que je suis vivant, elle n'est pas là et quand elle sera là, c'est moi qui ne serai plus. La mort n'est-elle pas alors, quelque chose qui ne me concerne pas ? C'est la réflexion d'Épicure qui considère comme absurde la crainte humaine pour la mort puisque ces deux éléments ne se croiseront jamais selon lui.  Les vivants ne rencontrent pas la mort du fait qu'ils sont en vie et les morts non-plus, dans la mesure où ils ne ressentent plus rien. Tout se passe, selon le philosophe grec, comme si la mort était insaisissable, ou, tout simplement, qu'elle n'existait pas. Pour lui, ce n'est donc pas la mort que nous craignons en notre for intérieur, mais le moment où elle viendra. C'est-à-dire l'instant.  Pour être plus clair, le simple fait qu'elle doive un jour venir nous prendre, indépendamment de notre volonté est source de crainte. L'homme craint alors la mort comme un s...

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Suis-je condamné à être libre ?

Suis-je condamné à être libre ? Cette question contradictoire nous permettra de nous rapprocher d'un des philosophes que j'ai le plus apprécié lorsque j'ai découvert la philosophie : Jean-Paul Sartre. Le philosophe français affirmait que l'homme était "condamné à être libre". L'affirmation sonne d'autant plus paradoxale que la liberté est par excellence l'opposé absolu de la condamnation. Est libre celui qui n'est soumis à rien, dont la volonté n'est pas obstruée, éteinte ou étouffée par quelqu'un ou quelque chose d'extérieur. Ce qui, par conséquent, fait de la liberté un idéal d'accomplissement dans la mesure où être libre consiste justement en la possibilité de suivre sa volonté sans aucune contrainte. La condamnation se présente quant à elle, plutôt comme l'influence d'une force extérieure sur la volonté ; je suis condamné à partir du moment où, quoique je veuille, les choses sont décidées par une force qui me dépass...

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Arrière-monde(s)..

Je ne saurais expliquer ce sentiment qui me poursuit depuis tout petit. Ce sentiment qu’il manque encore quelque chose à cette vie pour que je sois totalement accompli. Comme si je savais que quelque part en ce monde, quelque chose pouvait satisfaire ce manque, mais sans que je ne me donne les moyens de l’atteindre. Et cette routine, cette vie que j’ai mené  jusqu’à  présent n’apparaît  aujourd’hui  à mes yeux plus que comme une remise au lendemain perpétuelle de mes propres rêves.  En effet, en y repensant, je ne vois toujours aucune logique au fait d’avoir poursuivi l’école tout en détestant y aller au-delà de l’idée de trouver un métier peu contraignant, un salaire attractif et subvenant à mes besoins puérils. Pourtant, j’ai toujours l’intime certitude que plus tard, même dans une situation économique convenable, cette cruelle impression de m’être trompé de voie continuera à me poursuivre. Et même durant les fous-rires les plus sincères, lorsque tout e...

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L'esprit est-il un habitant du corps ?

L’esprit est un concept si complexe qu’on en a trouvé des définitions plus ou moins différentes à travers le temps et l’histoire de la philosophie. Sa complexité est encore existante de nos jours puisque parfois même, l’on constate que l’on utilise plusieurs mots pour parler d’une même chose. Personnellement, j’ai toujours perçu le terme « esprit » comme le mot religieux pour parler de « la conscience ».  Religieusement, l’esprit est vu, au même titre que le corps, comme une création de Dieu. La seule différence étant qu’ils bénéficient tous deux de statuts différents face au Créateur. En effet, l’esprit est religieusement l’être qui emprunte un corps éphémère. Le corps, lui, n’est qu’accessoire : pure chaire périssable et voué à la finitude tandis que l’esprit est appelé à la vie éternelle selon l’usage fait du corps sur Terre.  Mais cette vision de l’esprit doit nécessairement être dépassée si l’on veut définir la chose concrètement. Je disais...

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Quand la mort engendre la foi.

La mort génère tant de souffrance et de surprise lorsqu’elle apparaît brusquement, que l’être humain, dans la crainte qu’il ressent vis-à-vis d’elle, met inconsciemment en place des moyens pour se donner l’impression qu’il la maîtrise. Nous perdons un proche, une connaissance, ou quelqu’un que nous côtoyions très peu mais assez souvent pour ressentir l’émotion provoquée par le choc de sa disparition, et tout de suite, notre corps tout entier se met à trembler et à nous faire penser. Nous nous disons « je pressentais qu’un drame allait se produire ». Cette attitude est un aveu d’impuissance face à un événement qui, justement, ne nous touche et nous affaiblit que dans la mesure où nous ne pouvons pas décider de son apparition. Nous ne luttons pas seulement contre la mort, mais contre la méconnaissance. Que quelqu’un soit mort ne signifie pas simplement que nous ne nous reverrons plus, mais aussi que nous sommes condamnés à vivre en nous demandant si cette personne e...

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Peut-on exister sans amour ?

«Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants comblés, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J’ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un œuf. Il faut croire que je n’étais pas indispensable. J’aurais voulu être indispensable. A quelque chose ou à quelqu’un. A propos, je t’aimais. Je te le dis à présent parce que ça n’a plus d’importance.»   Jean-Paul Sartre    On commence cet article par cette très belle citation de Jean-Paul Sartre car elle illustre parfaitement la question que l'on va se poser à présent ; peut-on exister sans amour ? Une question un peu absurde si l'on conçoit le terme «existence» comme le terme «vie». Heureusement, grâce à la philosophie, on a appris à distinguer ces deux termes. Vivre, c'est répondre aux besoins primaires, biologiques : boire manger. Mais exister, comme on l'apprend avec l'existentialisme ou encore la phénoménologie, c'est «être-au-monde» comme le...

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Elle

  « Je lui accorde la moindre de mes pensées. Chaque minute, chaque seconde de cette drôle de chose qu'est mon existence n'est tournée que vers Elle.   Je la ressens, elle vit en moi, en mon cœur. Comme s'il battait au rythme de ses pas sur le trottoir.    La voici qui passe sur le Boulevard. Les battements de mon cœur changent de cadence, s'intensifient et s'emballent. La voir met exergue ma dépendance. Elle est l'oxygène, je ne suis que le cœur : elle n'a pas besoin de moi pour être. Et je ne suis qu'un organe conditionné pour avoir besoin d'elle. Je ne puis me comprendre moi-même. Ses hanches, le rythme de ses pas, cette manière qu'ils ont de se succéder, de se suppléer avec une précision mathématique. Cette musique m'enivre.    Elle ne parle pas, mon esprit interprète ses gestes pour en enfanter des paroles. Elle porte une jupe, et des petites ballerines dorées. Telle une danseuse de ballet, elle e...

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Le jeu de la mort/ Faut-il avoir peur de la mort ? / Pourquoi craindre la mort ?

«On n'a pas peur de la mort, on la craint. Pourquoi ? Parce que la crainte n'est pas la peur. La peur a un objet identifié, elle est consciente de ce pourquoi elle existe, tandis que la crainte n'a pas d'objet, son sentiment n'existe justement, que parce qu'il n'est pas certain de l'existence de son objet. Autrement dit, on ne peut dire que l'on a peur d'une chose, que si on la connaît, que l'on peut expliquer son sentiment. Quelqu'un peut dire qu'il a «peur» de la violence d'un autre, parce qu'il connaît cette violence. Il dira au contraire qu'il «craint» quelqu'un d'autre, parce qu'il n'est pas certain de ce qu'il est, il n'a aucune idée de s'il est violent ou non. Alors, nul n'a peur de la mort, chacun la craint.  Mais pourquoi craindre la mort ? Le problème, c'est qu'il est plus rationnel d'avoir peur que de craindre, parce qu'on n'est pas censé être perturbé ...

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