À une inconnue

Je t’aime comme la littérature, et j’aimerais ce soir en faire le moyen d’expression de ces quelques chaleureux sentiments à ton égard. Puissent-ils atteindre ton cœur d’une force qui reflète ce que je ressens. Vois comme ma plume scintille au contact du véritable amour. Je ne cesse de penser au jour où tu es entrée dans ma vie, et cette pensée s’accompagne toujours d’étonnement. Jamais je n’aurais imaginé que tu y prendrais une telle place, si toutefois tu me permets ces mots. Ce jour où j’ai découvert cette fille si charmante, qui ne me laissait guère indifférent, pas seulement par sa beauté, mais surtout par la profondeur de son esprit. Non pas que tu sois la seule à posséder ces qualités, mais surtout parce qu’il s’agissait de toi. Et aujourd’hui encore, je ne sais expliquer cet élan et cette énergie qui m’ont donné l’intuition que je devais persévérer, qu’une belle rencontre se dissimulait derrière cette distance qui nous séparait. Plus la distance devenait proximité, plus un vide...

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24 mars.

Nous sommes le 24 mars et la trentaine frappe à ma porte. Je m’observe dans la glace pour me confronter à ce visage transportant ces trente longues années : ces quelques rides naissantes et ces poils grisonnants qui narguent ma jeunesse. Me voici, entre tristesse et nostalgie, à m’interroger, non sur le sens de la vie elle-même comme dans mon enfance, mais sur la raison pour laquelle le passé devient si séduisant à mesure que les années s’écoulent.    Tableau : La persistance de la mémoire, Salvador Dalí   Vieillir, quel drôle de phénomène. Les années défilent, les épreuves nous marquent, les gens viennent puis s’en vont. Et le poids de tous ces éléments, amplifié par le temps, vient se déposer sur notre corps, rendant notre regard plus assuré et nos traits plus forts. Il nous donne cet air si responsable qui rassure les enfants. On en embellirait presque au mépris du fait que ce rendu ne soit que le résultat d’un nombre incalculable de pertes et d’acceptations. Il n’en ...

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Deviens ce que tu es - 3 idées majeures de la pensée de Nietzsche.

I. Vouloir libère Pour Nietzsche, l’affirmation de soi est primordiale dans la quête de la libération de l’individu. Ainsi, sa locution affirmant que « vouloir libère », renvoie à l’idée que le simple acte de vouloir, c’est-à-dire affirmer une intention ou un désir, constitue déjà une forme de libération. La volonté se présente donc sous le prisme de la philosophie de Nietzsche comme un moteur essentiel vers l’émancipation. Rappelons que pour Nietzsche, l’individu est naturellement bridé par les contraintes extérieures comme les conventions sociales, Dieu, la morale etc. La volonté qui s’affirme elle-même et n'est plus bridée par ces influences, Nietzsche l’appelle : « volonté de puissance active ». Selon lui, cet état est réellement atteint, lorsque la pensée “je dois”, se transforme en “je veux” : signe que nos actions sont désormais guidées par notre volonté et non plus nos contraintes.               ...

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Requiem.

Longtemps je me suis interrogé sur ce qui se cachait derrière tes sourires, sur le genre de batailles que tu pouvais mener secrètement, dans les tréfonds de ton âme ; en des lieux où, pour sûr, je ne pouvais intervenir ; des lieux où sont conservées ces choses que tu n’osais jamais me révéler. Nous avons tant sacrifié pour nous trouver, y laissant la majeure partie de ce que furent nos personnes et nos innocences. Que nous reste-t-il aujourd’hui ? Aucune lumière, pas même une petite lueur nous indiquant le meilleur chemin à suivre. À y avoir laissé de nos personnes, nous nous sommes éloignés à en devenir de parfaits étrangers. Les souvenirs s’effacent à mesure que la mémoire faiblit, et d’un évènement passé, il ne reste soudainement plus qu’une chanson dont les tonalités si joyeuses autrefois sonnent désormais un peu glauques. Et l’air morbide de ce requiem rythme aujourd’hui mon existence tout entière. Le croquis d’un nid d’amour recouvrait en réalité l’œuvre achevée d’un lit de mor...

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Sempiternelle Mélodie

Il pleut sur la ville ce soir. J’ai toujours voulu voir en la pluie des vertus expiatrices des pires péchés, et réparatrices des pires maux. Aussi je les prends, elle ainsi que le ciel du Val d’Oise, comme seuls témoins de cette note à l’amour. Je sens les fantômes m’observer avec insistance, et je ne cesse de m’éblouir à la lueur de leurs yeux brillants, comme ceux d’un pyromane qui observerait un feu ardent. Tu as trouvé une lueur en moi que j’avais perdue de vue, rendant chaque adieu, la distance et le recul pris toujours moins supportables. Et à chaque fois que le soleil se couche, que la nuit tombe et que la solitude entre chez moi, je ne cesse de me souvenir de ces évènements qui échappent à mes mots. Une fois le voile de l’amour retiré de force, la mémoire n’est guère plus qu’un instrument de torture.  On ne sait jamais réellement pourquoi, et pourtant, on se lance, persuadé que l’amour en vaut toujours la peine. Si les souvenirs altérés par les erreurs et la tristesse par...

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Et si Je n’existais pas ? La fiction du moi dans l’ontologie de Nietzsche

Un peu dans la continuité de mon précédent article sur la façon dont Descartes appréhende la conscience ainsi que l’identité du sujet, intéressons-nous désormais à une conception plus qu’originale de notre rapport à la pensée et l’idée que nous pouvons nous faire de ce qu’on s’empresse d’appeler le moi avec Nietzsche. 1.        La guerre des pulsions Nietzsche est un des premiers philosophes à avoir originalement critiqué l’illusion humaine de l’identité. L’identité entendue au sens d’ensemble des propriétés psychologiques caractérisant un individu de façon pérenne n’est pour lui qu’une fiction. Ce que nous appelons le moi n’est ainsi que la résultante d’un conflit interne, lui-même caractérisé par une lutte entre une infinité de pulsions cherchant à se rendre maîtresses les unes les autres. Qui ne s’est jamais demandé pourquoi jadis, il aimait s’habiller ainsi, se comporter comme cela ou encore : adhérait à tel système de pensée plutôt qu’un au...

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