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Articles

Affichage des articles du 2015

Observateur existentiel - L'amitié

 « L'amitié est un sentiment de respect et de loyauté. Dire de quelqu'un qu'il est notre ami, signifie qu'il n'a pas la même valeur que les autres hommes. C'est que si un homme est notre ami, nous lui retirons le statut d'humain. Il n'est plus un être plongé dans le monde que nous pourrions croiser en marchant, et dont nous pourrions embrasser le regard tout en l'oubliant la minute suivante. Il a une valeur morale à nos yeux.     L'amitié, c'est l'amour moral. Il est différent du devoir moral que nous impose l'humanité en général. Il nous plaît d'être loyal envers notre ami car celui-ci nous est également loyal. Nous ne pouvons pas nous imaginer qu'il nous fasse du mal car nous partageons quelques valeurs morales et avons signé un pacte idéal avec lui : l'interdiction de se trahir.    Ce pacte donne un sens à nos vies. Lorsque nous allons mal et que nous sommes sur le point de tomber, l'ami doit pouvoir nous rattr

Pourquoi est-ce qu'on déteste toujours ce qu'on était avant ?

Il y a des moments, où, lorsque nous avons le temps pour le faire, nous nous amusons à revoir nos  photos datant de sept ans auparavant, ou même nos statuts Facebook d'il y a quelques années. Puis, nous nous demandons comment nous avons pu oser porter ces vêtements que nous portions bel et bien sur une photo, ou, comment nous avons pu partager cette opinion sur ce statut Facebook, que nous avons pourtant  bel et bien partagé ce jour-là. Nous nous retrouvons alors face à une espèce de dilemme, un dilemme dans lequel nous sommes obligés de reconnaître que c'est bien nous sur cette photo et pas quelqu'un d'autre, et que c'est bien le statut que nous avons partagé et pas celui d'un autre. Mais pourquoi est-ce que, à l'heure d'aujourd'hui, nous sommes incapable de nous habiller de la même façon qu'avant ? Pourquoi est-ce qu'une idée dont nous étions si persuadé qu'elle était bonne, paraît être ridicule pour nous aujourd'hui ? Ces idée

Un nombre infini de fois... L'éternel retour

Souvent, nous nous interrogeons sur le sens de nos vies, sur la question de savoir si tout ce que nous faisons a un intérêt, ou même, plus simplement, si nos choix d'hier, auraient pu, s'ils étaient différents, changer notre demain.. En bref, tout se passe comme si, nous nous posions la question du sens de l'existence avant même de l'avoir vécu ! Ainsi, nos regrets, nos peines, nos questionnements s'entassent comme le travail que nous avons à faire alors que nous passons notre temps à nous demander s'il vaut la peine d'être fait. Mais n'est-il pas absurde finalement, de s'interroger sur une chose non terminée, non aboutie? Un peu comme, s'interroger sur la beauté finale d'un tableau, alors que nous sommes encore en train de le peindre?  C'est ainsi que Nietzsche a compris qu'en réalité, nul (encore moins l'homme), ne peut juger de la valeur de vie, tout en en faisant partie. Tant que nous vivons, nous ne sommes pas aptes à déte

Est-ce raisonnable d'aimer ?

   Le mot raisonnable a plusieurs sens. Lorsque l'on dit de quelqu'un qu'il est raisonnable, on entend exprimer le fait qu'il agit de façon sage, que ses décisions sont les bonnes. Ainsi, si l'on prend le mot raisonnable dans ce sens, on peut dire que le fait d'aimer, est raisonnable, étant donné que l'amour est un sentiment jugé positif. Seulement, on aurait à faire face à un problème qu'est le suivant : si l'amour est un sentiment, et si l'attitude raisonnable relève d'une décision, cela voudrait dire qu'un sentiment est l'objet d'un choix, ce qui est irrationnel. En effet, lorsque l'on ressent une douleur au bras, on ne choisit pas d'avoir mal au bras, le bras est touché, et on le ressent. Un sentiment n'est donc jamais volontaire. Donc, si l'amour est un sentiment, il doit être gratuit, comme une douleur. On ne choisirait alors pas d'aimer, mais on aimerait, contre son gré, tout simplement. L'enjeu de

D'où vient la haine des étrangers ?

   «Une pensée pour ceux qui ne savent toujours pas, qui ne comprennent toujours pas à cause de qui certains doivent trimer pour réussir dans la vie : c'est à cause d'eux, ces hommes en costume, qui, du haut de leur buildings les regardent s'effondrer petit à petit. Ces hommes qui font mine de penser à eux en proposant des soit disant aides sociales, qui au fond n'ont pas d'autre buts que de les rendre fainéants, de les dissuader de vouloir monter plus haut et de les dépasser. Ils ne les aident pas mais les enfoncent. Certains ne veulent pas être soumis, et décident de se lancer dans des activités illicites, sans se rendre compte que c'est en vérité ce vers quoi la disposition du monde moderne les ont tournés. Devant la souffrance de sa famille, un jeune garçon est susceptible de se sacrifier pour subvenir aux besoins de la famille, quitte à se tourner vers des activités interdites, c'est-à-dire vente de drogue etc.. Mais d'où vient réellement le problè

Dieu, le hasard et la responsabilité

«On voudrait Dieu comme guide qui montre le chemin à suivre. Seulement, derrière cette volonté, se cache souvent un désir de ne plus être totalement responsable de ce qu'on fait, ou même de ce qui arrive. Lorsqu'il arrive quelque chose, on ramène donc souvent l'origine des événements à la volonté de Dieu. Un homme qui égard un objet essentiel voir vital, qui le retrouve à un moment désespéré, aura le sentiment d'avoir eu affaire à une faveur divine du fait qu'il était tellement désespéré qu'il n'était à ses yeux même plus possible de le retrouver. Lui parler alors de hasard serait lui faire un affront. Mais pourquoi ne peut-on pas croire au hasard tout en croyant en Dieu? C'est que lorsque l'on croit en Dieu, on croit non seulement en l'idée qu'il existe, mais aussi qu'il est à l'origine de l'existence des choses elles-mêmes. Par esprit extensif, ou par désir d'agrandir son impact et sa puissance, on finit par lui attribuer l

Peut-on exister sans amour ?

«Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants comblés, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J’ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un œuf. Il faut croire que je n’étais pas indispensable. J’aurais voulu être indispensable. A quelque chose ou à quelqu’un. A propos, je t’aimais. Je te le dis à présent parce que ça n’a plus d’importance.»   Jean-Paul Sartre    On commence cet article par cette très belle citation de Jean-Paul Sartre car elle illustre parfaitement la question que l'on va se poser à présent ; peut-on exister sans amour ? Une question un peu absurde si l'on conçoit le terme «existence» comme le terme «vie». Heureusement, grâce à la philosophie, on a appris à distinguer ces deux termes. Vivre, c'est répondre aux besoins primaires, biologiques : boire manger. Mais exister, comme on l'apprend avec l'existentialisme ou encore la phénoménologie, c'est «être-au-monde» comme le

Suis-je ce que j'ai conscience d'être ? / Qui suis-je ? / Puis-je me connaître ?

Introduction:     Il n'y a rien de plus certain et de plus important pour un homme que le fait et le sentiment d'avoir une identité. Notre identité, c'est ce que nous affirmons lorsque nous disons «je» ou «moi». Elle renvoie à ce que nous appelons communément, notre «caractère», c'est-à-dire notre manière d'être aux yeux des autres. Avoir conscience de soi n'a donc pas d'autre sens au départ que celui de savoir que nous correspondons bien à ce caractère que nous nous forgeons en existant. Pourtant, ce caractère qui nous semble si certain, peut nous échapper par moment ; nous pouvons nous persuader de faire quelque chose, sans pourtant au moment venu, la réaliser comme prévu. De même nous pouvons dire dans l'embarras, quelque chose de faux, par la simple présence d'une personne que l'on veut impressionner. Ainsi, le «je», ou le «moi» pourraient s'avérer n'être que des illusions résultants d'une méconnaissance de l'influence d

La peur aux trousses/ Qu'est-ce que le courage ?

« Le courage est la plus belle des vertus. Et c'est parce qu'on le conçoit comme la plus belle des vertus, qu'on le pense propre à certains hommes. De même, si on le pense propre à certains hommes, c'est parce que, comme la force ou l'apparence, on croit qu'il est génétique ; c'est-à-dire que l'on naît avec, ou non. Or, le courage n'est ni génétique ou donné ; il est humain. Humain, parce que chaque homme est apte à en faire preuve, parce qu'il relève d'un choix. Le courage n'est pas une qualité, mais une capacité.  Il faut donc se détromper, et arrêter de concevoir le courageux comme celui qui n'a pas peur, puisqu'il n'y a pas de courage sans peur. La peur et le courage sont intimement liés. Est courageux, celui qui dépasse sa peur, qui la transcende. Est au contraire lâche, celui qui cède à la peur, et se cache derrière ce qu'elle provoque : l'incapacité à agir.  Mais si ces constats sont vrais, cela signifie

Elle

  « Je lui accorde la moindre de mes pensées. Chaque minute, chaque seconde de cette drôle de chose qu'est mon existence n'est tournée que vers Elle.   Je la ressens, elle vit en moi, en mon cœur. Comme s'il battait au rythme de ses pas sur le trottoir.    La voici qui passe sur le Boulevard. Les battements de mon cœur changent de cadence, s'intensifient et s'emballent. La voir met exergue ma dépendance. Elle est l'oxygène, je ne suis que le cœur : elle n'a pas besoin de moi pour être. Et je ne suis qu'un organe conditionné pour avoir besoin d'elle. Je ne puis me comprendre moi-même. Ses hanches, le rythme de ses pas, cette manière qu'ils ont de se succéder, de se suppléer avec une précision mathématique. Cette musique m'enivre.    Elle ne parle pas, mon esprit interprète ses gestes pour en enfanter des paroles. Elle porte une jupe, et des petites ballerines dorées. Telle une danseuse de ballet, elle effectue avec élégance, un bala

L'homme peut-il se reconnaître dans son travail ?

  Introduction :    Au sens commun, le travail est défini comme une activité sociale, ayant un but simple : gagner sa vie. Gagner sa vie, c'est travailler et recevoir un salaire en retour pour acheter de quoi vivre, et consommer des biens non-nécessaires si possibilité. Cette définition sociale du travail, n'en dit rien de très positif, et par ailleurs, le travail est même défini comme une activité contraignante et pénible, qui nous prend du temps qui pourrait être utilisé à nous amuser. Dire qu'on peut se reconnaître dans son travail, est alors absurde dans la mesure, où l'idée de «se reconnaître», est généralement liée à l’exécution d'une activité libre, donc non-nécessaire, et par-là même, contrairement au travail : une activité que l'on exécute par choix. Pourtant, au sens philosophique, le travail n'est pas conçu comme une simple activité sociale, mais comme une transformation consciente du monde extérieur. Travailler, serait alors se marquer dans le

Ce qui se cache derrière les «je t'aime»

    Lorsque l'on est amoureux, il n'y a rien de plus important pour chacun que d'entendre ces deux mots : «je t'aime». Ces mots, ont une valeur sentimentale : ils rassurent sur le fait de savoir que l'autre a besoin de nous. C'est pour cela qu'on dit généralement que ce mot ne se prononce pas n'importe quand, car il est censé «venir du cœur». En d'autres termes, on est censé dire je t'aime lorsqu'on sent qu'il est nécessaire de le dire, que c'est plus fort que soi. Quel est le risque alors lorsqu'on aime, sinon que la personne qu'on aime nous prononce ces mots sans parler sincèrement ?    C'est ainsi qu'on en arrive à éviter de faire confiance, et à considérer qu'une personne qui dit qu'elle nous aime en très peu de temps ne dit pas la vérité. Le «je t'aime» peut-il être sincère même lorsqu'il est dit très vite ?    Tout d'abord, qu'est-ce veut dire «je t'aime» ? Dire je t'aime,

Le jeu de la mort/ Faut-il avoir peur de la mort ? / Pourquoi craindre la mort ?

«On n'a pas peur de la mort, on la craint. Pourquoi ? Parce que la crainte n'est pas la peur. La peur a un objet identifié, elle est consciente de ce pourquoi elle existe, tandis que la crainte n'a pas d'objet, son sentiment n'existe justement, que parce qu'il n'est pas certain de l'existence de son objet. Autrement dit, on ne peut dire que l'on a peur d'une chose, que si on la connaît, que l'on peut expliquer son sentiment. Quelqu'un peut dire qu'il a «peur» de la violence d'un autre, parce qu'il connaît cette violence. Il dira au contraire qu'il «craint» quelqu'un d'autre, parce qu'il n'est pas certain de ce qu'il est, il n'a aucune idée de s'il est violent ou non. Alors, nul n'a peur de la mort, chacun la craint.  Mais pourquoi craindre la mort ? Le problème, c'est qu'il est plus rationnel d'avoir peur que de craindre, parce qu'on n'est pas censé être perturbé

Par delà le monde / La recherche du vrai est-elle un aveu d'impuissance ?

«L'homme cherche "la vérité": un monde qui ne puisse ni se contredire, ni tromper, ni changer, un monde vrai - un monde où l'on ne souffre pas; or la contradiction, l'illusion, le changement sont cause de la souffrance! Il ne doute pas qu'il existe un monde tel qu'il devrait être; il en voudrait chercher le chemin(...). Où l'homme est-il allé chercher le concept de réalité? Pourquoi déduit-il justement la souffrance du changement, de l'illusion, de la contradiction? Pourquoi n'en tire-t-il pas plutôt son bonheur?... Le mépris, la haine de tout ce qui se passe, change et varie - pourquoi cette valeur attribuée à ce qui dure? Il est visible que la volonté de trouver le vrai n'est que l'aspiration à un monde du permanent. Les sens nous trompent, la raison en corrige les erreurs; donc, a-t-on conclu, la raison est la voie qui mène au permanent; les idées les moins concrètes doivent être les plus proches du "monde vrai". - L