Lauryn Hill Comment ne pas être nostalgique du début des années 2000, lorsque l'on parle de musique ? J'aurais voulu que les générations actuelles puissent connaître cette époque si riche en termes de variété musicale. Ce fut clairement une époque durant laquelle les goûts musicaux n'existaient pas. Chacun était apte à apprécier et pouvait écouter des musiques de tout genre. On se contentait simplement de laisser tourner MCM ou TRACE TV en boucle tout l'été. Quelle époque formidable. Y repenser me rend nostalgique et me déçoit de l'univers musical d'aujourd'hui. Non pas parce que la musique serait moins bonne aujourd'hui mais parce qu'elle porte en elle, une sorte de snobisme, d'esprit de clan : une musique communautaire et sexualisée écrite pour un groupe social déterminé. L'un des plus grands exemples qui témoignent de ce changement réside dans le fait que, par le passé, il n'était pas aussi compliqué qu'aujourd'hu...
Plus puissant que la beauté au sens physique, il y a le charme. Je n'ai jamais trouvé plus puissant élément que le charme. Qu'est-ce que le charme ? C'est un ensemble de qualités qui ressortent de l'attitude, de la façon d'être d'une personne. Lorsque je parle de qualités, je sous-entend qu'elles n'existent que vis-à-vis d'une autre personne qui les perçoit. Car il n'y a de charme de la part d'une personne, que pour une autre. Ainsi, ce qui est source de charme pour une personne peut être source de répulsion pour une autre. Mais une chose reste certaine, c'est que ce qui fait le charme de chacun, est quelque chose de bien enfoui, de dissimulé au plus profond de lui. Et le charme ne se simule pas puisqu'il relève, au contraire, de ce qu'on ne peut pas cacher, même en y mettant toute sa volonté. Le charme, c'est la puissance qu'une personne dégage à son propre insu. Pour être plus clair : nul ne sait ce qui fait son...
Jean-Paul Sartre disait qu'une personne ne demande conseil que lorsqu'elle a déjà pris sa décision. Aussi inconscient que cela puisse être, on cherche parfois des réponses qu'on a déjà trouvé. Et il se pourrait peut-être même que, sans le savoir, on cherche un conseil auprès de quelqu'un simplement pour confirmer la décision qu'on a pris sans vouloir admettre qu'on l'a bel et bien pris. Aussi, sera-t-on moins enclin à intégrer un conseil qui ira à l'encontre de la voie que l'on s'est soi-même choisi. Si le raisonnement proposé ci-dessus est vrai, et si comme l'avance Sartre, la liberté est dans tous les cas, absolue et inaliénable, alors on n'a pas la légitimité morale de prétendre que c'est le conseil d'un autre individu qui a mené quelqu'un à une certaine chute, puisque son choix était déjà déterminé par ses soins au préalable. Il est donc responsable de sa chute ainsi que de la valeur et de la crédibilité qu'il a ...
Une réflexion m'est venue l'autre soir, chez moi après une longue journée au travail, sans réellement avoir travaillé puisque trop occupé à penser au moment où je pourrais enfin quitter le bureau et rentrer chez moi pour finalement, ne rien faire de particulier. Je me suis en effet rendu compte qu'il y a des moments durant lesquels on ne vit pas, au sens où l'on ne prend pas assez conscience du temps qui est en train de s'écouler. Alors que je m'ennuyais à n'en plus tenir au bureau, après mûre réflexion, je me suis rendu compte que j'étais en réalité en train de vivre pleinement. Pourquoi ? Parce que, quoique je pouvais faire, plongé dans un ennui total, regardant sans cesse ma montre et comptant chaque minute qui passait, je ne pouvais pas échapper à la réalité du moment que j'étais en train vivre. Et oui, on pense en général que vivre consiste à faire quelque chose de passionnant pour soi, qui fait que le temps passe sans même qu'on en ait con...
Faut-il vraiment que je craigne la mort ? Puisque tant que je suis vivant, elle n'est pas là et quand elle sera là, c'est moi qui ne serai plus. La mort n'est-elle pas alors, quelque chose qui ne me concerne pas ? C'est la réflexion d'Épicure qui considère comme absurde la crainte humaine pour la mort puisque ces deux éléments ne se croiseront jamais selon lui. Les vivants ne rencontrent pas la mort du fait qu'ils sont en vie et les morts non-plus, dans la mesure où ils ne ressentent plus rien. Tout se passe, selon le philosophe grec, comme si la mort était insaisissable, ou, tout simplement, qu'elle n'existait pas. Pour lui, ce n'est donc pas la mort que nous craignons en notre for intérieur, mais le moment où elle viendra. C'est-à-dire l'instant. Pour être plus clair, le simple fait qu'elle doive un jour venir nous prendre, indépendamment de notre volonté est source de crainte. L'homme craint alors la mort comme un s...
Suis-je condamné à être libre ? Cette question contradictoire nous permettra de nous rapprocher d'un des philosophes que j'ai le plus apprécié lorsque j'ai découvert la philosophie : Jean-Paul Sartre. Le philosophe français affirmait que l'homme était "condamné à être libre". L'affirmation sonne d'autant plus paradoxale que la liberté est par excellence l'opposé absolu de la condamnation. Est libre celui qui n'est soumis à rien, dont la volonté n'est pas obstruée, éteinte ou étouffée par quelqu'un ou quelque chose d'extérieur. Ce qui, par conséquent, fait de la liberté un idéal d'accomplissement dans la mesure où être libre consiste justement en la possibilité de suivre sa volonté sans aucune contrainte. La condamnation se présente quant à elle, plutôt comme l'influence d'une force extérieure sur la volonté ; je suis condamné à partir du moment où, quoique je veuille, les choses sont décidées par une force qui me dépass...
Lupita Nyong'o Le temps qu'il m'a fallu pour apprendre à apprécier la beauté de la femme noire n'a d'égal que le travail qui est entretenu depuis notre tendre enfance et qui a pour effet de la rabaisser non seulement elle, mais aussi l'homme noir de façon générale. Les plaisanteries discriminantes, les comparaisons aux singes, les moqueries sur la taille et la forme du nez . Tous ces éléments ne font partie que de la discrimination active qui a été exercée sur nous. C'est-à-dire le racisme brut, sans volonté quelconque de dissimulation. La discrimination passive quant à elle, consistait en la mise en valeur perpétuelle, dans la publicité, d'un certain idéal blanc au sens épidermique et capillaire. Les cheveux lisses comme idéal capillaire, puisque les meilleurs produits n'étaient conçus que pour ceux-là, et la peau blanche comme idéal épidermique, pour la même raison. Je ne dis pas que ces publicités étaient, par essence, diffusées pour ...
On entend de plus en plus ces derniers temps, en regardant les informations, les débats, les opinions populaires, que la France souffre d'un repli communautaire important. Autrement dit, certaines des nombreuses communautés étrangères qui composent le pays cosmopolite qu'est la France, ne se reconnaissent plus, ou du moins, semblent se marginaliser par rapport à ce que nous devrions appeler notre Nation. Psychanalystes, psychologues, philosophes et autres intellectuels s'interrogent en direct ou dans des livres plus ou moins partiaux sur les causes et les fondements de ce phénomène. J'ai beaucoup de mal ces derniers temps avec les intellectuels, les personnages publics ou encore les sportifs qui jugent certaines affaires, pour la raison qu'ils ne vivent pas la réalité du problème qu'ils traitent sur le terrain. Surtout lorsqu'il s'agit de racisme, c'est très compliqué d'accepter que quelqu’un d’une autre communauté dicte l'attitude q...
Je ne saurais expliquer ce sentiment qui me poursuit depuis tout petit. Ce sentiment qu’il manque encore quelque chose à cette vie pour que je sois totalement accompli. Comme si je savais que quelque part en ce monde, quelque chose pouvait satisfaire ce manque, mais sans que je ne me donne les moyens de l’atteindre. Et cette routine, cette vie que j’ai mené jusqu’à présent n’apparaît aujourd’hui à mes yeux plus que comme une remise au lendemain perpétuelle de mes propres rêves. En effet, en y repensant, je ne vois toujours aucune logique au fait d’avoir poursuivi l’école tout en détestant y aller au-delà de l’idée de trouver un métier peu contraignant, un salaire attractif et subvenant à mes besoins puérils. Pourtant, j’ai toujours l’intime certitude que plus tard, même dans une situation économique convenable, cette cruelle impression de m’être trompé de voie continuera à me poursuivre. Et même durant les fous-rires les plus sincères, lorsque tout e...
L’esprit est un concept si complexe qu’on en a trouvé des définitions plus ou moins différentes à travers le temps et l’histoire de la philosophie. Sa complexité est encore existante de nos jours puisque parfois même, l’on constate que l’on utilise plusieurs mots pour parler d’une même chose. Personnellement, j’ai toujours perçu le terme « esprit » comme le mot religieux pour parler de « la conscience ». Religieusement, l’esprit est vu, au même titre que le corps, comme une création de Dieu. La seule différence étant qu’ils bénéficient tous deux de statuts différents face au Créateur. En effet, l’esprit est religieusement l’être qui emprunte un corps éphémère. Le corps, lui, n’est qu’accessoire : pure chaire périssable et voué à la finitude tandis que l’esprit est appelé à la vie éternelle selon l’usage fait du corps sur Terre. Mais cette vision de l’esprit doit nécessairement être dépassée si l’on veut définir la chose concrètement. Je disais...
La mort génère tant de souffrance et de surprise lorsqu’elle apparaît brusquement, que l’être humain, dans la crainte qu’il ressent vis-à-vis d’elle, met inconsciemment en place des moyens pour se donner l’impression qu’il la maîtrise. Nous perdons un proche, une connaissance, ou quelqu’un que nous côtoyions très peu mais assez souvent pour ressentir l’émotion provoquée par le choc de sa disparition, et tout de suite, notre corps tout entier se met à trembler et à nous faire penser. Nous nous disons « je pressentais qu’un drame allait se produire ». Cette attitude est un aveu d’impuissance face à un événement qui, justement, ne nous touche et nous affaiblit que dans la mesure où nous ne pouvons pas décider de son apparition. Nous ne luttons pas seulement contre la mort, mais contre la méconnaissance. Que quelqu’un soit mort ne signifie pas simplement que nous ne nous reverrons plus, mais aussi que nous sommes condamnés à vivre en nous demandant si cette personne e...